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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:43

'Les irlandais ont une manière bien  à eux d'être désespéremment joyeux. Mais ils ont aussi d'amers et sordides fantômes perchés sur leurs épaules et scrutant leurs pensées les plus profondes. Si vous les laissez rire trop bruyamment un doigt s'insinuera au fond de leur gorge. Ils se condamnent eux-mêmes avant d'être accusés et cela fait d'eux des êtres toujours sur la défensive.'

John Steinbeck, A l'Est d'Eden.


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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 16:46

William Ernest Henley ( 1849-1903) est un poète britannique.

Né à Gloucester, il fut très tôt atteint de la tuberculose et dû subir à l'âge de 12 ans une amputation d'un de ses jambe.  L'écrivain Robert Louis Stevenson dont il était l'ami, s'inspira de son handicap pour décrire le personnage de Long John  Silver le fameux pirate de son roman d'aventures l'île aux trésor. Henley et Stevenson collaborèrent d'ailleurs à l'écriture de plusieurs pièces de théatre.

En 1875, il écrit de son lit d'hôpital le fameux poème Invictus (en latin "invincible"). Il disait lui-même qu'il avait écrit ce poème comme une démonstration de sa résistance à la douleur qui suivit son amputation du pied. Ce poème fut l'objet de nombreuses citations dont, récemment dans le film éponyme de Clint Eastwood " invictus".




INVICTUS

Out of the night that covers me,
    Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
    For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
    I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
    My head is bloody, but unbow'd.

Beyond this place of wrath and tears
    Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
    Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
    How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
    I am the captain of my soul.




INVINCIBLE

Dans la nuit qui m'environne,
Dans les ténèbres qui m'enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,
Je n'ai pas gémi ni pleuré.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout bien que blessé.

En ce lieu d'opprobres et de pleurs,
Je ne vois qu'horreur et ombres
Les années s'annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.

Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme.




Bluethroat de la région de Cork ( irlande )

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 11:32
" Ce jour là, la vie était si égarante et bonne que tu lui as dit " vas t'en me perdre où tu voudras"; les vagues ont répondu " tu n'en reviendras pas"

Nicolas Bouvier, " l'usage du monde "


Ring of kerry
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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 21:05

"La Vie est comme une île perdue dans l'océan de la solitude, une île dont les rochers seraient nos espérances, et les arbres nos rêves, dont les fleurs seraient notre solitude et les ruisseaux nos aspirations.

Votre Vie, est une île séparée de toutes les autres îles et régions. Quel que soit le nombre de bateaux qui quittent vos rivages pour d'autres pays, quel que soit le nombre de flottes qui y accostent, vous serez à jamais une île séparée, souffrant les affres de la solitude et aspirant au bonheur. Les autres hommes ne vous connaissent point et ils sont loin de compatir à votre solitude ou de vous comprendre".

Khalil Gibran, poète libanais. in Le prophète


Marée basse sur  Killary harbour
Photo Miss Hyde

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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 22:16

Là où les  hautes terres rocailleuses de Sleuth Wood
plongent dans le lac,
là se trouve une île luxuriante
où les hérons en battant de l'aile
Réveillent les ragondins assoupis
repus de baies et de cerises volées, les plus rouges des cerises.
Là laisse-toi emporter, O enfant de l'Homme
dans les ondes et la nature sauvage,
tenant la main d'une fée,
car le monde résonne de pleurs
qui défient l'entendement.


 extrait du poème l'Enfant volé, de W.B Yeats.




 l'île  d'Innisfree ( du gaélique inis fraoigh, l'île aux bruyères) et le Lough ( lac ) Gill, dans le comté de Sligo,ont été célébrés par W.B Yeats.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 15:13

Excellent livre  irlandais sur un sujet déjà évoqué dans un film ( magdelene sisters) : celui des femmes  enceintes que l'on enfermait  et eloignait de leur famille pour cause de grossesse non désirée. L'auteur,
Sebastian Barry est né à Dublin en 1955. A la fois romancier, poète et dramaturge, il est reconnu comme l’une des voix les plus importantes de l’Irlande d’aujourd’hui. Ses romans Annie Dunne et Un long, long chemin ont paru aux Editions Joëlle Losfeld respectivement en 2005 et 2006.

Résumé :

Roseanne McNulty a passé plus de la moitié de sa vie dans l’hôpital psychiatrique régional de Roscommon, le royaume du docteur Grene, le psychiatre en chef. Centenaire ou presque, elle est complètement seule.

Une chose laissée pour compte, un reste de femme. Parce que personne ne sait qu’elle a une histoire, elle s’est mise à l’écrire. Le docteur Grene, quant à lui, doit faire face aux imminents travaux de rénovation de son hôpital, pour le moins vétuste. Comment en arracher un grand nombre de patients dont l’ADN a dû se fondre dans le mortier du bâtiment ?

La nouvelle loi contraint Grene à évaluer lesquels de ses patients peuvent être réinsérés dans la communauté. Il va devoir établir quelles circonstances ont amené ici certains patients et s’ils ont été véritablement été internés pour des raisons sociales plus que médicales. Il va devoir interroger Roseanne, pour qui il éprouve une réelle sympathie et dont il n’a jamais fouillé la vie.

Au fil de leurs entretiens, il plonge au cœur de sa tragique histoire. Palpitant, incroyablement drôle et cinglant : Le testament caché n’épargne personne et surtout pas l’Église catholique. il montre aussi la remise en cause et l'examen de conscience dont les irlandais ont fait preuve ses 15 dernières années en s'ouvrant davantage  à l'Europe moderne et en fermant quelque peu la porte aux "traditions" qu'il convenait de ne pas garder... Une chasse aux sorcières en pays d'halloween, en somme...

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 11:12

On ne sait jamais quand on part - quand on part -
On plaisante, on ferme la porte

Le Destin qui suit derrière nous la verrouille
Et  jamais plus on n'aborde.


Emily Dickinson

 


Bunbeg, Donegal.


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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 00:59

Édouard-Joachim Corbière, dit Tristan Corbière, né en1845 à Morlaix (Finistère) et mort en 1875 à Morlaix, est un poète français.

Délaissant son prénom d'état-civil, Édouard-Joachim, pour prendre celui, plus évocateur, de Tristan (pour TRISTE EN CORPS BIÈRE), il fait paraître à compte d'auteur en 1873 son unique recueil de poèmes, Les Amours jaunes, qui passe inaperçu. Corbière, qui ne connut aucun succès de son vivant, sera révélé de manière posthume par Verlaine, qui lui consacre un chapitre de son essai Les Poètes maudits (1883).

Le poète qui rêvait d'être marin ne put satisfaire son désir de courir les mers, mais il aima la mer comme un fou.

Corbière meurt à Morlaix le 1er mars 1875. Il n'a pas trente ans et n'a connu qu'une vie de solitude, brève et misérable, constamment atteint dans sa chair par la maladie, malheureux en amour, englué dans une passion unique et sordide ; sans doute, au figuré, la mer fut-elle sa véritable épouse. Le temps a rendu le poète à la lumière, et reconnu, bien tard, son talent.

Le nom des Amours jaunes, son unique recueil, a été donné à la bibliothèque publique ancienne de Morlaix. Son épitaphe, d'un humour macabre, est sans doute l'un de ses poèmes les plus connus.




EPITAPHE

Il se tua d’ardeur, ou mourut de paresse.
S’il vit, c’est par oubli ; voici ce qu’il se laisse :

— Son seul regret fut de n’être pas sa maîtresse. —

Il ne naquit par aucun bout,
Fut toujours poussé vent-de-bout,
Et fut un arlequin-ragoût,
Mélange adultère de tout.

Du je-ne-sais-quoi. — Mais ne sachant où ;
De l’or, — mais avec pas le sou ;
Des nerfs, — sans nerf. Vigueur sans force ;
De l’élan, — avec une entorse ;
De l’âme, — et pas de violon ;
De l’amour, — mais pire étalon.
— Trop de noms pour avoir un nom. —

Coureur d’idéal, — sans idée ;
Rime riche, — et jamais rimée ;
Sans avoir été, — revenu ;
Se retrouvant partout perdu.

Poète, en dépit de ses vers ;
Artiste sans art, — à l’envers,
Philosophe, — à tort à travers.

Un drôle sérieux, — pas drôle.
Acteur, il ne sut pas son rôle ;
Peintre : il jouait de la musette ;
Et musicien : de la palette.

Une tête ! — mais pas de tête ;
Trop fou pour savoir être bête ;
Prenant pour un trait le mot très.
— Ses vers faux furent ses seuls vrais.

Oiseau rare — et de pacotille ;
Très mâle … et quelquefois très fille ;
Capable de tout, — bon à rien ;
Gâchant bien le mal, mal le bien.
Prodigue comme était l’enfant
Du Testament, — sans testament.
Brave, et souvent, par peur du plat,
Mettant ses deux pieds dans le plat.

Trop crû, — parce qu’il fut trop cuit,
Ressemblant à rien moins qu’à lui,
Il s’amusa de son ennui,
Jusqu’à s’en réveiller la nuit.
Flâneur au large, — à la dérive,
Épave qui jamais n’arrive….

Trop Soi pour se pouvoir souffrir,
L’esprit à sec et la tête ivre,
Fini, mais ne sachant finir,
Il mourut en s’attendant vivre
Et vécut, s’attendant mourir.


Ci-gît, — cœur sans cœur, mal planté,
Trop réussi — comme raté.

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 11:31


Enfants nous nous serions penchés
pour attraper les feux endormis, sans briser les brindilles,
et après une douce ascension,
élevant nos têtes au-dessus des branches
nous nous serions émerveillés des étoiles inaltérables.

Cela est la beauté, disions-nous,
enfants émerveillés par les étoiles,
cela est le but, cela est le terme.


N'étant que des hommes, nous marchions dans les arbres.


Dylan Thomas, vision et prière.






winter land

Photos Miss Hyde

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 23:13

La neige est rare en Irlande, cependant elle occupe la place centrale d'une des plus remarquables nouvelles de James Joyce: 'The Dead' (Les morts), tirée de son recueil  Dubliners ( Gens de Dublin). Ecoutons ces premiers pas de l'hiver avec attention tels les promeneurs franchissant  le half penny bridge sous une neige éparpillée incongruement au-dessus de  l'île d'émeraude.



Ha' penny bridge, Dublin

"Il regarda dans un demi-sommeil les flocons argentés ou sombres tomber obliquement contre les réverbères. Oui, les journaux avait raison, la neige était générale sur l'Irlande. Elle tombait sur la plaine centrale et sombre, sur les collines sans arbres, tombait mollement sur la tourbière d'Allen et plus loin, à l'occident, mollement tombait sur les vagues rebelles et sombre du Shannon. Elle s'était amassée sur les croix tordues et les pierres tombales, sur les fers de lance de la petite grille, sur les brousailles dépouillées. Son âme s'évanouissait peu à peu comme il entendait la neige s'épandre mollement sur tout l'univers comme  à la venue de la dernière heures sur tous les vivants et les morts".



The dead,
In  Dubliners, James Joyce.


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  • : Blog destiné à la présentation du roman de l'auteur et à la culture celtique, irlandaise en particulier.
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